Environnement : Génèse, Faune &  Flore

Les Richesses du sols : le sel et la sagne

Le sel

Pour la ville d'Aigues-Mortes et pour la région camarguaise, le grain de sel est la cause de bien des soubresauts de l'histoire et de l'économie.Peccais (nom hérité de celui de Peccaius, fondateur romain de l'exploitation du sel dans la région) est un lieu bien connu de la culture du sel. Il accrut son importance lorsque Louis IX acquit la contrée d'Aigues-Mortes pour se bâtir son accès à la mer.

De nombreux autres salins se mirent en place aux alentours d'Aigues-Mortes : les Salins de St Jean, les Salins de la Sylve Godesque, les Salins de Vernède.

La Gabelle, impôt royal sue le sel donnera au sel un poid économique important. Il deviendra produit d'échange de première importance.

Si la Révolution Française mis fin à la taxe de la Gabelle, le sel, produit de première nécessité sera taxé jusqu'en 1946.

Comme pour tous les produits taxés, un réseau de contrebande se mit en place. En 1596, Sully fit noyer la plupart des salins du Languedoc, excepté ceux de Péccais pour lutter contre le faux saunage.

sel

A la fin du XVIIème siècle, les Salins de peccais fournissent le bas Languedoc, le Rouergue, le Lyonnais, la Bourgogne, la Bresse, la Savoie et la Suisse. A la disparition de la gabelle, la consommation en sel augmente et les agriculteurs s'en servent comme engrais. A la même époque, on découvre le procédé chimique de fabrication de la soude à partir du sel (auparavant, la soude était extraite de la salicorne).Aigues-Mortes devient le fournisseur de soude des savonneries de marseille.

En 1856, les différents propriétaires de salins s'unissent pour fonder les Salins du Midi.

La Baleine

La compagnie des Salins du Midi

 

L'exploitation d'Aigues-Mortes produit 500 000 tonnes de sel par an. Les Salins se tournent vers l'avenir en misant sur ce produit exploité depuis toujours. La fleur de sel récemment lancée sur le marché en est un bel exemple.

La sagne

Dans la cité d'Aigues-Mortes, qui doit en partie son developpement à la manne économique qu'est le sel, un musée est ouvert.

La sagne est le produit de la fauche de la roselière naturelle qui borde puis grignote les étangs.
 La roselière est un espace naturel particulier.
 Les roseaux poussent les pieds (rhizomes) dans l'eau où ils abritent une population très variée.
 on trouve en effet des reinettes, des escargots et des vermisseaux dont sont friands carpes ou autres sangres qui peuplent ces zones de l'étang.

La zone émergée des roseaux propose le gite et le couvert à de nombreux oiseaux comme les hérons (cendré ou pourpré), le butor étoilé et d'autres oiseaux de passage qui se nourrissent d'insectes de toutes sortes.

Mais revenons à la sagne, elle est récoltée en hiver par des professionnels, les sagneurs. Il en reste une poignée dans les étangs du Charnier (au nord d'Aigues-Mortes) et du Scamandre.D'une main habile, ils coupent les roseaux, les peignent et lorsqu'ils en ont une quantité suffisante pour former une botte, ils tassent les tiges et lient la botte avec du fer.

sagne

La récolte de la sagne est une tradition mais les évolutions techniques ont permis de mettre au point des machines pour ce travail éprouvant.Ces machines ne coupent pas les roseaux, elles les arrachent et détruisent par là-même le milieu et donc la faune qui s'y réfugiait.

Les derniers sagneurs se sont regroupés en une association dont le but est de pourvoir la production traditionnelle de sagne. Leurs espoirs se fondent sur le retour à la mode des matières naturelles.Le goût de l'authentique revient, souhaitons-leur bonne chance.

   



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